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Vacances, j'oublie tout (1)

Publié le par OncleEddie

Jour 1


Merde, j'me lève à peine à huit heures et demie - les collègues en sont tout juste au café, mon bonus de rien-foutre est un peu léger sur ce coup-là. En plus... attends... oui oui, ni gueule de bois, ni mal-ô-crâne, rien. L'abus de drogues n'est plus ce qu'il était, même en période de grande vacuité. Et alors que je me traîne péniblement jusqu'au frigo, je me rend compte avec horreur que je me suis réveillé tout seul. Oui, tata Berthe sèche le mode [vacances] depuis la saison 4 de The Shield (automne 2005 - hey, ça aurait fait un choc à n'importe qui de voir débarquer Bambi au beau milieu de la fin d'Alien, ma réaction n'était absolument pas disproportionnée quoique que puissent en dire les journaux)... Ce qui veut dire... attends, je confirme... oui, frigo vide...

Quelle vie de con...

 

Haha, je m'en fous, chuis jamais à court d'idées - à moi WHAOU, on va dongeonner comme des fous! Aux armes, Compagnons, allons nous couvrir de gloire!

Bon, une heure plus tard, faut se rendre à l'évidence, y'a beaucoup moins de monde sur les serveurs en semaine que le week-end (pas facile de dongeonner tout seul faut bin le dire). M'en fous, j'vais me coller sur EVE Online - serveur mondial unique, y'a toujours du monde. Ha oui, et en journée, c'est les allemands. Plûtot agressifs les bougres (et carrément organisés dans leur aggressivité). Et si je vais voir un peu plus loin? Ha oui, les russes. Si les allemands sont aussi bons, c'est qu'ils se font gifler régulièrement par les russes, ça te donne une idée du niveau. Bon, je jouerai plus tard.


De toutes façons, défoncer les barges de minage au BattleCruiser, c'est limite anti-jeu, enfin bref...

 

M'en fous, aujourd'hui je reçois une nouvelle saison de Naru-- de Star Trek. Douche, habillage, achetage de clopes, et hop, voilà le facteur! Enfin, ça aurait pu si ils étaient pas en grève... Vais aller me recoucher je crois...

Bref, il est maintenant dix heures dans mon premier jour de vacances et... rien. Il est temps de réagir, non? Donc, ni deux ni quatre, je saute dans la voiture, direction le centre commercial. Bah oui, le frigo est vide, c'est pas comme si j'avais le choix, pas vrai? Evidemment, comme c'est toujours le cas dans ces cas-là (c'est-y-pas formidable?), c'est aujourd'hui, oui aujourd'hui, pendant le premier jour de mes vacances (horribles vacances), le jour ou je m'ai réveillé seul dans mon lit (horrible réveil), où j'ai pas déjeuné pour cause de lâche abandon de la Femelle Alpha (horrible Femelle Alpha), le jour où les russes et les allemands se sont alliés avec les branleurs de WHAOU pour m'empêcher de jouer à mes jeux en ligne (horribles jeux en ligne), ce même jour où en désespoir de toute cause je m'abaissai finalement à aller retirer des sous au distributeur - celui qui est en panne aujourd'hui et qui affiche obstinément un écran d'erreur à la Windows, même si tu poireautes devant pendant dix minutes, lui il s'en fout, il est payé pareil (horrible distributeur), oui c'est aujourd'hui, en pleine milieu de fin de mois, une date parfaitement impropre (improbable même oserais-je prétendre) à tout mouvement bancaire, c'est aujourd'hui.

C'est aujourd'hui que Mamie, elle a décidé qu'il fallait qu'elle vienne déposer ses cinquante rouleaux de pièces sur son compte.

Tu sais, ces mêmes rouleaux que la guichetière, elle est obligée de les ouvrir pour compter les pièces. Chaque putain de pièce. Oui, une par une. Pour cinquante rouleaux.

Oui, aujourd'hui (AUJOURD'HUI) (!!!), Mamie fait ses comptes.

Si j'étais de mauvaise foi, j'ajouterai même que je l'avais repéré depuis la semaine dernière, Mamie. Planquée derrière sa putain de fenêtre, attendant le premier jour de mes putains de vacances pour aller poser ses putains de rouleaux sur son putain de compte en plein mileu de cette putain de matinée.

 

Hey tu sais quoi? J'm'en fous, chuis en vacances, je me laisse pas arrêter par une ch'tite vieille (même si putain, t'avoueras que y'a d'autres jours dans le mois que le 26 pour monopoliser l'unique guichetière du centre commercial pendant trente à quarante minutes) (c'est tellement authentique que je sais même pas où mettre mes points d'exclamation). Pis si moi ça m'emmerde, imagine la gueule de la guichetière quand elle a vu arriver Mamie avec ses cinquante putains de rouleaux. C'est le genre d'expérience qui t'amène à coller des putains tout les trois mots. Mais avec calme et déférence - respect à la Guichetière (oui, aujourd'hui elle a mérité sa Majuscule).

Allez hop, une fois passé une bonne heure devant un guichet pour retirer à peine vingt euros, zouuu - direction le rayon alcool, pizza et cuisses de poulet. Oui, comme tout Homme Moderne qui se respecte, j'apprécie particulièrement de faire mes courses seul, sans le perpétuel regard inquisiteur de La Compteuse de Calories. Hôôô oui, pizza, cuisses de poulet, et alcool, plein d'alcool. Ben vi, Jiraya, le Derviche aux Cheveux Blancs est mort, chuis tout chafoin en dedans, je peux pas rester comme ça.

 

Et elle était là. Juste sur la route que je prends pour éviter les sacs poubelles, l'air de rien. L'air de pas être juste la fille la plus sexy de la journée - longs cheveux bruns, des hanches qui ont l'air de hanches (enfin j'veux dire, hey j'ai rin contre les planches à pain dont on peut compter les côtes à travers le T-shirt, mais une femme qu'a pas la carrure à se faire secouer sans peur d'être cassée, c'est ça une femme? Pour moi c'est comme les bars de lesbiennes - y'a rin à manger, ça m'intéresse pas), un sourire à s'envoyer la tête contre les murs (et pis d'ailleurs, qui sourit au fromage qu'il ramasse au supermarché? Ho yeah, elle doit être un peu frappée, bon point pour elle), et ses yeux... Hé, les asiatiques, ils y connaissent peut-être rien en centrales nucléaires - mais excuse-moi du peu, tout le monde se souviendra de leurs femmes.

 

Quoi? Hoooo-héhé Spot, tu parles pas souvent souvent, mais toujours fort à-propos. Donc oui, c'est le genre de choses qu'on doit pas dire quand on est maqué - surtout quand le maquage en question est tata Berthe... Aucune critique, c'est comme ça qu'elle m'a eu; mais ça reste dangereux pour les femmes que j'envisage.

Hé, en même temps, si elle avait pas voulu que je la suive, le frigo aurait été plein quand je me suis réveillé, pas vrai? Et autre chose ne l'aurait pas été -- bref.

 

Nous voici donc en pleine première journée merdique de vacances, et comme de par hasard, une femme s'en mèle. Encore. Une asiatique, première fois tiens (hey, elle est où ma médaille?).

Bon, j'ai perdu sa trace après à peine trente ou quarante kilomètres - soit elle m'a vu venir, soit j'étais pas aussi motivé que j'aurais pu le faire croire à la caissière en jetant pèle-mèle conserves, pizzas et chips dans la poche (et pas forcément dans cet ordre) tout en matant dans quelle direction elle partait. Le bon côté des gros centres commerciaux (outre un choix en matière de poches poubelles parfaitement légendaire), c'est que quand la brune que tu harcèles s'éloigne, t'as un peu de marge avant de la perdre définitivement de vue (elle et son jean si parfait)... Et pis c'est toujours jouissif de retirer du liquide pour finir par payer avec ta carte, pas vai?

Donc me voilà perdu dans un bled où j'ai jamais mis les pieds, et l'air de rien j'ai toujours rien mangé depuis hier (ou avant-hier, je sais plus trop), et en plus mon baise-en-ville qui n'existe pas à cause que chuis maqué s'est fait la belle. Malgré son déhanché (qui laissera des marques profondes sur ma manière d'apprécier les déhanchés, à n'en pas douter), elle disparut cruellement au détour d'un stop sournois associé à l'intervention malheureuse d'un troupeau de chèvres en pleine transhumance. Ce qui est pas mal je trouve, passque j'y connais rien en transhumance, mais je serais prêt à parier que d'habitude, ça se passe pas le premier jour de mes vacances.

 

Hé, qu'est-ce qu'on en a à foutre?

J'ai à boire, à manger, chuis à la campagne et j'ai un toit s'il pleut (passque oui, il pleut, c'est le premier jour de mes vacances souviens-toi). Allez hop, même si c'est que quinze heures (et que ça me laisse à penser que cette histoire m'a entrainé à un peu plus que trente ou quarante kilomètres) (en même temps, qui c'est qui fait ses courses à trois heures de chez soi?) (oui bon, un peu frappée, bon point, tout ça quoi), ben hop! La parole est donnée à mon pote Jack. Daniels. Jack Daniels quoi. Daniel's en fait. Mais alors, c'est le Daniel à Jack, c'est chez Jack Daniel, ça veut dire quoi Jack Daniel's?

Boarf, on s'en cogne.

Demain, fera jour.

 

Ce billet fut imaginé sous l'influence bénéfique des Têtes Raides ( Fleur de Yeux ) .

Publié dans aujourd, hui, jour, rin, vacances

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