ainsi

The Matrix has you...

Publié le par OncleEddie

...and it's inevitable.

 

Revenons un peu sur cette trilogie si tu veux bien. Comme tout Geek qui se respecte, tu l'as vu (c'est inclu dans l'examen probatoire du statut de Pré-Geek). Mais en tant que commun des mortels, Geek en devenir en somme, certaines choses t'ont échappées. Heureusement chuis là quand même.

 

Bref, postulat de base: les Machines, c'est pas bien. Sauf que quand on s'en est rendu compte, c'était trop tard. Mais comme on tripe pas sur les arbres (...), on s'est dit, vu que les Machines fonctionnent au solaire, qu'on allait juste créer quelques nuages de pollution pour les asphixier. Sauf que, évidemment, les Machines ça réfléchit mieux que nous, et alors là ça commence à devenir moche.

Donc, en ces temps troublés, les Machines mirent en place un système de culture de l'être humain pour palier à leurs problèmes d'alimentation: effectivement lesdits êtres humains peuvent produire suffisamment d'énergie bioélectrique pour permettre le sustentement de ces saletés de toasters. Ceci étant dit (et au grand dam des non-croyants), il semblerait que les êtres humains soient incapables d'exister sans âme créative, laquelle âme a besoin d'être occupée pour accepter d'exister et donc produire la bioélectricité sus-mentionnée avec le corps qui lui est rattaché. Ainsi la Machine créé la Matrice, une interface neurale, une réalité alternative dans laquelle l'âme humaine peut accepter d'exister et par là même continuer de produire la si précieuse bioélectricité pour les Machines. Si tant est qu'elle a l'impression d'avoir le choix d'y être malheureuse (après, venez me traîter de cynique tiens), elle existe dans un monde virtuel où chaque plant, chaque pile électrique en devenir vit une vie artificielle pendant qu'en réalité, son corps est plongé dans un bain nutritif produit à partir des cadavres de ses prédécesseurs tandis que son énergie est récoltée pour alimenter les Machines qui le tiennent en esclavage.

 

(pétard, même là, j'ai l'impression d'être loin d'avoir pondu un paragraphe suceptible d'être acceptable pour ceux qui ont osé ne pas regarder la trilogie) (whatever, let's go on)

 

Donc, tout au long du premier film, on a un pôv'hère qui se débat existentiellement, dans le second aussi... merdum, dans le troisième aussi. Si seulement les frangins Wachowski avaient eu le courage de porter le scénario là où il aurait dû aller... Tel qu'il fut expliqué indibutablement par l'Architecte...

Parce qui oui, tant de millions de dollars dépensés, et tout ça pour finir par un "happy end", alors que tout tends vers une fin plus 'française' que cette soupe qui nous fut servie... Ceux qui ont apprécié la VO en seront d'autant plus d'accord (déjà vu).

Parce que nombre d'indices furent semés, et tous suivent indubitablement le même chemin vers une seule explication - mais tant d'argent dépensé, et cela suffit à museler la créativité si prometteuse qu'il s'en dégageait. Misère misère, je comprendrais jamais ce qui fait tant peur aux financiers dans les caractères bien trempés...

 

Parce que si tu lis les films en diagonale, oui, tu crois c'est la fin de la guerre et tout ça, Néo y s'est gentiment sacrifié et tout le monde il est content (même les exécutrices du P.W.D. et les contributeurs de Wikipédia s'y sont laissés trompés). Revenons sur Terre, tu veux bien? Toute l'intrigue est expliquée en une bête scène, celle avec l'Architecte qui donne les clés de toute l'intrigue (ironique non?).

 

Le reste n'est qu'affaire de bon sens - et d'intégrité intellectuelle, encore elle, ce trait si particulier qui a manqué aux Wachowski.

Ce qui leur permit par ailleurs d'encaisser leurs gros chèques et de continuer sur leur lancée en cautionnant d'innombrables (merdiques) adaptations vidéoludiques. Adaptations vidéoludiques qui toutes prirent le même chemin; le chemin réservé par tout amateur d'imbécilités vidéoludiques qui se respecte à ce genre de merde innommable.

Car oui, on gardera tous un souvenir ému de Mister Moskeeto, de Mark of Kri ou de Pikmin 2 (hey, une suite meilleure que sa préquelle!). Mais les jeux Matrix? Bien peu d'entre nous auront le courage de se vanter d'avoir eu la faiblesse de les tester, et aucun de ceux-là ne se pourra se targuer d'en garder le moindre souvenir - tout comme pour GT5, les UFO "next generation" et l'inénarrable pétard (très) mouillé que fut Spore.

Oui, on est (presque) prêt à admettre que ça a existé mais voilà, on range ça avec les impubliés de Ferdinand, juste à côté de l'intégrale de Plus belle la vie.

Tu peux prendre pour des cons le commun des mortels (j'ose même penser que c'est extrèmement facile) (ne suis-je pas arrogant? Oui, mais je le vaux bien), le Geek est d'une autre trempe.

 

(pour les autres, sachez qu'on ne finance pas GT5, les UFO postérieurs aux années 2000, Spore ou Plus belle la vie - on se contente d'en nier l'existence; par ailleurs Plus belle la vie n'est citée en ces lieux qu'à titre d'exemple représentatif pour vous montrer à quel point on méprise le mépris de notre intelligence)

(bref oui, on en admet même pas l'existence)

 

Donc, coupons là et filons vers l'essentiel - parce que même moi, je commence à me lasser du son de ma propre voix.

 

Voici comment ça se passe. La Matrice maintient le contrôle. Occasionnellement, et manière parfaitement prédictible et prévue, un spécimène porte un regard sur le modèle informatique de la chose. Il comprend la Matrice, La perçoit, La voit, et donc il en fait quoi il en veut. Une fois déconnecté d'elle, et en tant que "génie matriciel", il combat au côté de la Résistance et passe aux yeux des déconnectés pour le sauveur en devenir de la race humaine. Ainsi qu'il est prévu.

Ce combat l'amènera, ainsi que ces cinq prédécesseurs (dont Séraphin - bah vi, tu crois c'est par hasard son code est différent? Il est le disséminateur du code précedent, on y vient) à se rendre face à l'Architecte de la Matrice. Lequel Architecte lui dira tout ce qu'il y a à savoir de la Matrice - ils ont fait une trilogie uniquement pour justifier cette scène là. Ainsi qu'il est prévu (j'en veux pour preuve les écrans prédictifs qui se trouve dans la pièce au moment du "choix"), l'Elu, contre toute raison et toute logique, décide de 'choisir' de sauver son aimée au détriment de la survie de la race humaine. C'est mortel, un peu comme si la Machine avait prédit ça en ayant connaissance de notre Histoire, tant culturelle qu'historique. Hey, attends un peu...

Bref, l'Elu sauve la Femme, sauve le Monde, et plus tard se rend de son plein gré, parce qu'il "en a fait le choix", à la Machine dans le but d'en réviser une imperfection (hum) en échange de la survie de la race humaine. Ainsi, une fois que l'ensemble des softwares auront été remis à zéro pour en faciliter le reboot (marci bien Smith), il pourra disséminer l'ancien code dans la nouvelle Matrice (c'est à dire qu'il perfectionnera le fonctionnement de l'ensemble en y incluant volontairement son propre codage d'erreur) . Il choisira seize femelles et septs mâles (dame, que voilà un Architecte qui nous connaît de trop, pas vrai les gars?) pour rebâtir Zion et accueillir les prochains qui sortiront de la Matrice - et ainsi perdurera la Matrice dans une sixième version. Seven hells, is this never gonna end?

 

Bah en fait non - pourquoi ça finirait? Le système fonctionne, de plus il possède une sécurité qui fût peu perçue même par le plus exigeant des publics (les gars, vous m'avez déçu sur ce coup là). Parce qu'au final, quelle est la prison dont on ne cherche plus à s'évader? Celle dont on est sorti. Donc pour maintenir un contrôle absolu de l'ensemble des paramètres, on créé une matrice dans la Matrice - et on y recréé le scénario qu'on veut (en l'occurence, l'apogée du XXIème siècle). Une fois que tu en es sorti, tu crois que c'est le vrai monde - mais en fait non, tu passe juste d'une matrice à une autre.


Tu crois vraiment qu'au fil de centaines de versions des Matrices (peut-être de milliers - après tout le système fonctionne, qu'est-ce qui pourrait obliger l'Architecte  à être honnête sur ce point? Cinq versions ou cinq mille, quelle différence?), les Machines, malgré le niveau de survie acceptable auxquelles elles sont préparées, seraient prêtes à se passer... des piles les plus stupides qu'elles pourront jamais trouver? Sans être capables de mettre au point un systèmme qui maintiendra la continuité de la production?

 

Parce que non, c'est pas vraiment normal que Néo puisse agir dans le "vrai monde" tel qu'il pourrait le faire dans la Matrice, débranchant les sentinelles "par la seule puissance de son esprit" (pour un peu, on s'attendrait à le voir sortir une bouteille de champagne de sa boîte à outils), les sentant même à distance comme s'il en voyait le codage... Ha non, pardon, en en voyant le codage...

Si cela lui est possible, c'est parce qu'il est encore dans la Matrice. Mais l'illusion lui suffit. D'ailleurs c'est le coeur même de la Matrice, le Choix ou tout du moins la perception du Choix, l'illusion de Sa présence.

Et ceux qui sont sortis de la Matrice pour bâtir Zion et tout ça... Est-on vraiment censé croire qu'une harmonie mathématique telle que celle-là n'avait pas anticipé ce genre de choses? En fait si, c'est la nature même de l'erreur systémique: si on te dis "va à gauche ou va à droite", instinctivement t'as envie d'aller tout droit. Et donc pourquoi est-ce qu'on libèrerait qui que ce soit de la Matrice si l'on connait les équations qui en délimitent les murs?

Pour finir, tu imagines le tout premier qui en sort? Vois un peu cette espèce de misère, à poil, incapable de marcher, jeté dans les égouts - sacré chance qu'il ait pu y survivre, tu crois pas? Genre, 'fallait vraiment qu'y soit méga verni le gazier (enfin, tout du moins les seizes premières et les septs premiers)... Ou tout du moins méga aidé...

 

Il suffit donc juste de leur laisser penser qu'il en sont sorti, et par leurs propres moyens encore - et voilà ils sont libres et n'essaient plus d'en sortir. En même temps ils en ont chiés, ils l'ont mérité: personne ne les aida et cela fut suffisamment compliqué pour qu'ils ne se rendent pas compte que personne ne les en a empêché non plus*.

 

*(sans déconner, on parle de machines qui se battent contre des déconnectés, et quand un type se déconnecte elles le prennent entre leurs griffes, le regardent et tirent la chasse? Sans le tuer avant? Sans aucune sentinelle à la sortie des chiottes?)

 

Et pis un jour, l'Elu accomplit des miracles, il est tellement trop fort qu'il peut plier les Machines dans le monde réel à sa volonté pour... disons négocier une trève...

Ouais, une trève en échange de la réparation d'un programme car, malgré la nécessité de l'immense intelligence et de la maîtrise mathématique inhérentes à la mise en place d'une réalité virtuelle de ce type (qui prévoit l'apparition d'une erreur qui en modifie la nature même), ô misère, ô malheur, apparaît soudainement (de manière imprévue oserais-je dire) un programme qui fout tout le plan par terre. C'est vraiment dommage, un si bon plan... (re-hum)

Nous voilà donc avec un Elu qui se présente de lui-même aux Machines, prêt à intégrer le prochain modèle de Matrice, et tu peux être sûr que le prochain Elu le verra en code tout jaune (ça y est, on y est).


 Mais voilà, au lieu de pousser leur histoire directement là où ça les menait, ces cons de frangins ont sacrifié leur intégrité artistique sur l'autel de la commerciabilité de la chose. Parce que faut dire ce qui est, la vraie histoire des films telle qu'elle est suggérée (et non racontée) ressemble plus à Notre-Dame qu'à ce putain de Nothing Hill (si t'as pas lu Notre-Dame, tu sors) (si t'as vu Nothing Hill, tu sors aussi).

Je les hais.

 

Si t'es Geek aussi, tu les hais - au même titre que Peter Jackson.

Enfin pas tout à fait - tu hais les Wachowski, et tu conspues Peter Jackson.

 

Mais ceci est une autre histoire.

 


PS comme tout un chacun, je suis particulièrement mal à l'aise lorsque que mes convictions geekesques profondes sont mises à mal et maltraîtées par des univers cohérents dans leurs logiques propres et bien que tellement science-fictionnel (tels celui de la Matrice, de BattleStar Galactica ou de Brisby & le Secret de Nimh) quand ils incluent des références telles que l'existence de Dieu comme pierre angulaire de leur cohérence. Mais bon, je vaux mieux que ça, alors je lève la jambe et passe par-dessus, ainsi qu'il se doit.


PPS (ce qui exclut évidemment tous ces trucs guimauvesques qui ne sauraient rien remplir si ce n'est mon barbecue pour allumage) (y compris ce connard de Jude Law)

 

PPPS oui bon, d'accord, ça n'est pas le cas de Brisby - mais tu avoueras que c'est pas une référence facile à caser, je fais avec ce que je peux.


PPPPS et j't'emmerde.


PPPPPS ha, on me fait signe dans l'oreillette que ça n'est absolument pas le cas dans la Matrice, merci de ne pas tenir compte des PS précédents. Have a nice day.

Publié dans ainsi, bien, machine, matrice, tant

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