dire

En attendant (parenthèse)

Publié le par OncleEddie

Ok Spot, je me rends bien compte que t'es là, à trépigner en attendant le récit de la fin des mes vacances. Je t'imagine très bien tournant en rond chez toi, devenant de plus en plus irritable, de plus en plus désagréable avec ton entourage, commençant à te dire que tu ferais bien de prendre le fusil de ton oncle pour prendre en otage tous les clients du magasin de BD pour exiger qu'on te donne ce que tu veux.

Pour tout te dire, ça m'ennuierait qu'on en arrive là - mais je dois terminer mon brainstorming personnel, voir comment je pourrais tourner ça pour que ça reste présentable. Je suis sûr que tu comprends.

 

Cela dit, je m'en voudrais que ta femme finnisse par te quitter, que tu perdes ton job et que tu deviennes un misérable alcoolique de bas étage, hantant les cages d'escaliers ici et là et insultant les chiens des petites vieilles qui passent à ta portée, leur demandant s'ils ont pas croisé un type bizarre en pantalon de cuir trop petit dans le coin. Si si, je t'assure que je m'en voudrais. En plus n'importe quel crétin est capable d'être un vulgaire poivrot, mais on sait tout les deux que tu n'as pas les épaules pour être un véritable alcoolique digne de ce nom. Tu ne ferais que t'esquinter en essayant - ainsi que de jeter le déshonneur sur toutes ces personnes qui travaillent dur pour être de respectables alcooliques comme il se doit.

Par contre, j'ai comme qui dirait un truc sur le feu, alors si tu veux bien, on va la faire courte - et ça aura un air de déjà vu. Désolé, mais en même temps c'est pas moi qui trépigne.

 

Comme tu le sais déjà, j'adore mon centre commercial - un choix tout simplement légendaire dans toutes les catégories, des sacs poubelles aux croissants, en passant par les bêches et les crayons de couleurs, tous déclinés en une infinités de variations de couleurs, de tailles et de prix. Je te le jure, dans mon centre commercial y'a des bêches de toutes les couleurs. Mais on y trouve aussi - attends tu vas rire - des lacets. Bon d'acord c'était pas drôle. En plus, on trouve même pas de lacets dans mon centre commercial... Ni avec les ceintures où je me souviens pourtant les avoir vu durant ma tendre enfance - bercée de ces choix cornéliens que nous imposent les centres commerciaux - ni avec les chaussures, ni au coin des aiguilles à tricoter. Ni entre les bières et les jeux vidéos (les deux sont rangés à côté depuis une pétition que j'ai faite - chouette histoire, faudrait que je te la raconte un jour), ni à côté des assiettes.

Alors comme tu le sais, je suis par nature un brin tétu. Je suis donc allé voir un autre centre commercial (où je n'ai normalement plus le droit d'aller suite à une autre pétition, mais ils changent les vigiles trop souvent pour qu'ils soient vraiment efficaces). D'ailleurs, ça fait bizarre de devoir aller chercher ma bière d'un côté et de devoir me payer tout le magasin dans l'autre sens pour aller chercher mon jeu vidéo. Hé, j'allais pas juste chercher mes lacets comme ça, j'avais besoin d'une excuse pour traverser le magasin, tu vois?

Après mon deuxième chou blanc - et une sortie tout en style car il semblerait que finalement les vigiles ne soient pas aussi inefficaces que je ne l'avais espéré - j'ai fait un autre magasin. Une petite supérette de merde où j'oserais même pas acheter les tampons de ma copine. [VOIX VIRILE] Enfin je veux dire, si j'étais le genre de mec à faire les courses de sa brune (non mais tu m'as bien regardé?).

Et ô joie, ô bonheur, des lacets!

Et ô rage, ô désespoir, un présentoir de un mètre cinquante de large sur deux mètres vingt de haut remplis de lacets en veux-tu en voilà...

 

Bref, des longs, des courts, des rond des plats, des de toutes les couleurs, tu vois ce que je veux dire. Et alors, me dis-je en mon for intérieur de consommateur (légèrement) désabusé, comment faire mon choix? Parce que toi je sais pas, mais moi avant d'avoir eu besoin d'acheter des lacets je ne m'étais jamais vraiment dit que les lacets existait en plusieurs tailles. Et puis franchement, à quoi ça sert qu'on esclave des petits philippins si c'est pour avoir des pompes qui durent plus longtemps que les lacets, je te le demande (oulah, elle était un peu rude celle-là non?).

Pas de problème, j'ai appris à lire quand j'étais petit - et devine quoi? Y'a des trucs écrits sur les emballages des lacets. Ouais mon gars. La longueur, en centimètres. Ainsi que rond en anglais (ou plat si tu prends des plats). Et... c'est à peu près tout.

 

Alors Spot, combien ils mesurent tes lacets? Quarante-cinq, soixante, soixante-quinze, quatre-vingt-dix, cent dix, cent quarante, cent soixante ou cent quatre-vingt centimètres? Moi perso, je me trimballe rarement avec un mètre ruban dans la poche (ça arrive, mais là c'était pas le cas).

 

En plus, nous voici donc avec lacets manifestement prévus pour être vendus dans quelque obscur pays anglophone. Et la longueur est en centimètres. Je sais pas si t'es au courant, mais les anglophones et le système métrique, c'est un peu comme Roronoa Zoro et le sens de l'orientation - ils savent que ça existe et sentent confusément que ça peut avoir une certaine utilité si tu t'en sers correctement, mais c'est à peu près tout. Ils prennent des pieds, des pouces et d'autres morceaux, les mettent bout-à-bout pour voir ce que ça peut donner - oui, c'est des drôles de gens ces types-là (j'ai entendu dire qu'ils prennent des livres pour se peser) (trop de sauce à la menthe tue l'intellect j'imagine). Donc je suis à peu près certain que d'avoir la longueur de leurs lacets en centimètres... En même temps c'est sûrement pour ça qu'on les vends en France (trois p'tits points).

 

Donc oui, j'imagine que tu sais comment ça s'est terminé, hahaha, c'est très drôle, j'en ai mal aux côtes. Mais maintenant que je sais où les trouver, demain j'irai chercher la taille au-dessus et pis voilà. Comme je dis toujours: merdre, encore raté!

 

Bref, encore une journée productive (à plus d'un titre). Mais je parle je parle, et je me rends compte que je me trouve au milieu d'un épais brouillard à couper au couteau. Couteau... Couteau-cuisine... Ha vi, j'avais un truc sur le feu! Génial, mon steack est maintenant tellement cuit que je peux aller le revendre à un musée sous l'étiquette "Roche volcanique d'origine inconnue".

Hahaha. C'est très drôle.

Juré, j'en ai mal aux côtes.

 

(et merdre, encore raté)

 

 

Zoro & Cie

 

 

Roronoa Zoro apparaît sous vos yeux ébahis faisant sa musculation sur le pont du Vogue Merry sans la moindre autorisation officielle, alors merci de le garder pour vous.

Publié dans autre, centre, commercial, dire, lacets

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Allô Houston? Les carottes sont cuites...

Publié le par OncleEddie

... alors Spot, tu t'assieds et tu manges. Au moins pendant ce temps, tu diras pas de bêtises.

On va parler d'élégance si tu veux bien. Ou de style, c'est comme tu veux. Mâche bien et ferme-là.

 

Je dois dire qu'il faut pour cela remercier un chien qu'on avait à l'époque - c'était quand nous étions jeunes et que nous n'avions point de poils aux pattes. Un splendide Setter Irlandais de pure race, une bête magnifique, majestueuse et tout et tout. Vraiment, il fallait la voir s'élancer et courir comme seul un chien de pure race sait le faire, le poil brilllant, l'oeil vif; vraiment, il fallait la voir s'élancer avec grâce et s'écraser comme une merde contre la porte du chenil fermée. Sigh comme on dit. Son côté irlandais sûrement.

Pas le genre de chose dont serait capable un chat, faut bin l'admettre. Sauf quand il s'étire et roule sur le lit, tout à son bonheur ronronnant, et de s'écrouler sur le sol arrivé au bout du lit. Mais ça compte pas, pis c'est pas pareil: c'est un chat.

 

Parce que bon, moi j'ai rien contre les chiens, mais si on doit comparer allons-y. Tu vois la tête que tire ton chien quand tu apparais dans son champ de vision? Moi je trouve ça tordant, la langue pendante, la tête penchée sur le côté, et ce regard bovin - je sais jamais trop s'il a faim, s'il essaie mentalement de diviser 10 par 2 ou s'il se demande qui je suis. Et je me rassasie jamais de cette habilité à rentrer cette carpette de langue en entier dans la gueule sans se la mordre. La langue, pas la gueule. Quoique...

Maintenant regarde un chat assis, le torse bombé, les oreilles tendues, le poil lustré, les yeux mi-clos, l'air de dire sans le dire "t'as vu comment que j'ai trop la SuperClasse et que je le fais même pô exprès?" Oui, je sais que même si ça te navre, t'es bien obligé d'admettre que dans ce cas-là, on a plus l'impression de faire face au Gardien des Secrets de l'Univers plutôt qu'à l'Idiot du Village (mais non Spot, je dis pas ça pour toi, ressers-toi un coup à boire - c'est du vin vieux, ça passe bien hein?).

 

Et s'il n'y avait que ça, mais n'oublions pas l'expression "animal de compagnie". Oui, de compagnie. Bah c'est sûr qu'un bestiau de 20 ou 30 kilos, t'aurais un peu de mal à oublier qu'il est là, surtout quand il essaie de courir dans le couloir et dérape tout droit sur le meuble ou est exposé le vase de la Belle-Mère... Bon, c'est vrai que parfois ça rend service (pardon belle-maman, le chien a cassé ton vase). Par contre, la minette roulée en boule sur le canapé, déjà en matière de méditation contemplative ça vaut bien tous les aquariums du monde, pis surtout ça m'arrive souvent de l'oublier et qu'elle y passe la nuit, la semaine, le mois! Et si t'appelles ça de la sournoiserie, ça sous-entends que tu la reconnais implicitement capable d'un état d'esprit que par nature, ton chien ne sera  même jamais capable de concevoir... Mais à côté de ça, elle me suit dans toutes les pièces, même quand c'est pas l'heure de manger. J'ai plus l'impression d'avoir de la compagnie plutôt qu'un char d'assaut conduit par un Denisot bourré.

De quoi? Un chien ça se dresse? Oui, c'est exactement ce que je dis. Un chien, tu lui tends la carotte, le bâton, il te fait le bôbô, tends la pâpâtte, fait 3 sauts périlleux arrières, mange le schtroumpf... Oui, un bel esprit soumis - qu'il FAUT soumettre d'ailleurs. Le Bon Maî-Maître tient son Bon Chien-Chien à la baguette, sinon c'est la porte ouverte à toutes les fenêtres - pas d'initiative ici s'il vous plaît, on domine. Journalièrement, monte ton chien et files-y sa ration de Domination. Bah perso, je vois pas bien l'intérêt d'avoir une créature sauvage à la maison si c'est pour la civiliser. En même temps, c'est pitètre que j'ai pas un esprit de Domination Maladive, je suis plus égalitaire dans mes rapports (woah, qu'est-ce que je suis classe quand même - moui Tata Berthe, je t'aime comme ça!). Enfin voilà, c'est aussi comme ça qu'on devient "fou"...

 

Bref, moi ce que j'aime dans ma minette, c'est que si elle revient tous les jours (quoi, le manger? T'es pas gonflé dis-donc - et finis tes carottes, tu veux), bah c'est qu'elle le veut bien. Passque dans l'absolu, manger et dormir, elle a pas besoin de moi pour ça. Même si comme nous, sa peau lui rend le contact agréable, ça reste une machine de guerre sauvage, taillée pour la chasse et - oserais-je le dire - pour le massacre de masse, ses sens surdéveloppés constamment en éveil. D'ailleurs penses-y la prochaine fois qu'elle est dans la pièce avant de mettre la télé à fond (barbare que tu es).

Evidemment, établir un lien authentique avec cette sauvagerie à peine renfermée est pitètre plus compliqué qu'il peut y paraître au premier abord. Bah vi, tu peux toujours filer une rouste à ton chien, il reviendra te voir en couinant. Essaie un peu de filer une rouste à ton chat - enfin le fais pas, il a rien fait, mais ce genre de comportement bassement sous-développé a plus de chances de laisser des marques durables dans votre relation. Par contre, quand j'ai une baisse de tension, affligé par le monde, l'univers, que sais-je?, bah ma minette elle vient tout doucement se lover sur mes genoux, en me regardant mi-navrée l'air de dire "t'inquiètes grand, ça ira mieux demain", et pose ses pitites pattes sur mes mains, et sa pitite tête sur ses pattes.  Non c'est pas de la guimauve, d'ailleurs je te mets au défi de trouver un exemple de complicité aussi trognon impliquant ton chien.

 

Et puis quoi, toi qu'est aussi fan des chiens, est-ce que tu le portes fièrement tatoué sur le coeur, tel ton Totem, Gardien de tes Mondes Intérieurs et des Secrets Sauvages de l'Extérieur? Bah vi, c'est ça aussi la Classe, mélange de Style et d'Elégance. Par contre tu l'as ou tu l'as pas, ça fait partie des choses que je pourrais pas t'apprendre. Ni à ton chien.

 

Lave ton assiette et prends du fromdon si ça te chante - et regarde pas ton chien comme ça, c'est une nature après tout. Oublie pas qu'à une époque c'était un loup, une fière représentation naturelle de la fougue sauvage et de la bestialité indomptable. Si aujourd'hui il est pas plus con que toi, c'est de ta faute. Moi ma minette m'a encore jamais déçu.

Publié dans bah, bin, chien, dire, ton

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